12/08/2013 - Vers une concession de l’aéroport de Bamako Sénou

Mis en veilleuse sous la pression des travailleurs du temps d’ATT, ce projet, contre lequel les travailleurs de Bamako Sénou entendent se battre par tous les moyens, vient d’être relancé par le ministre de l’Equipement et des Transports. Dans une correspondance en date du 18 juillet 2013, adressée au Président Directeur Général de SEGAP, le Colonel Abdoulaye Coumaré, invite le mandataire du Groupement SEGAP / Egis Projects, le concessionnaire Christian Rognone, à venir au Mali pour le redémarrage des activités, dans le cadre de ce projet de mise en concession.
Face à cette situation, qui va mettre au chômage, dès la première année de concession, 60% de l’effectif des travailleurs de Bamako Sénou, soit près de 143 personnes, et qui va aussi priver l’Etat malien de dizaines de milliards de FCFA durant les 15 ans que va durer l’exonération du concessionnaire de tous droits et taxes, la section syndicale des travailleurs de Bamako Sénou se mobilise.
Elle a animé la semaine dernière une conférence de presse pour manifester sa ferme opposition et attirer l’attention de l’opinion nationale et des plus hautes autorités sur la question. Animée par Malick Sy, Secrétaire général de la section UNTM de l’aéroport de Bamako Sénou, Amadou Dansoko et Cheick Oumar Tall, la conférence a été l’occasion pour les travailleurs de battre en brèche les arguments du ministre Coumaré et de certains adeptes de cette mise en concession, selon lesquels la concession de l’aéroport international de Bamako Sénou serait une question de droit et une conditionnalité du Millenium Challenge Corporation.
Pour les syndicalistes, «la thèse de la concession des aéroports du Mali n’a jamais été une conditionnalité du Millenium Challenge Corporation». Est-ce donc à dire que cet argument a été inventé de toutes pièces par des cadres maliens véreux pour assouvir leurs sordides intérêts personnels? Dans tous les cas, au niveau des travailleurs, on estime que ministre Abdoulaye Coumaré a renié sa parole.
Au cours de sa rencontre de prise de contact avec le personnel de Bamako Sénou, le jeune ministre proche de la junte avait assuré le personnel de l’aéroport de Bamako Sénou que cette plate-forme aéroportuaire n’échapperait pas au Mali et qu’il allait tout mettre en œuvre pour éviter la privatisation. Certes, la privatisation est bien différente de la concession, mais aucune raison ne justifie, pour un Etat sérieux, de se débarrasser, ne serait-ce que pour quelques années, d’une société dont les agrégats financiers connaissent depuis 2010 une large progression.
A moins que le ministre Coumaré ne soit lui aussi membre de cette trame de responsables administratifs prêts à tout moment à brader les sociétés et entreprises d’Etat, comme on l’a vu par le passé, pour se faire de l’argent.

01/08/2013 - Concession de l’Aéroport Bamako-Sénou : Le niet du personnel


Par cette conférence de presse, le personnel est monté au créneau pour protester et dénoncer les agitations de l’actuel ministre de l’Equipement et des Transports, Abdoulaye Koumaré, à travers sa récente lettre adressée à Christian Rognone, président Directeur Général de SEGAP, mandataire du Groupement SEGAP /Egis, relative au projet de mise en concession de l’Aéroport international de Bamako-Sénou.
Aux dires de Malick Sy, secrétaire général du comité Untm de l’Aéroport Bamako-Sénou, le 10 janvier 2013, le ministre des Transports, lors de sa visite de contact avec le personnel dans la salle de réunion des Aéroports du Mali Bamako-Sénou, a affirmé haut et fort que le Gouvernement de transition a pour mission, la récupération des zones occupées et l’organisation des élections. Et qu’il n’est pas question et n’en sera jamais de sa part de parler de la mise concession de notre principal Aéroport de la capitale. A l’en croire, le ministre Koumaré a même insisté devant le personnel en disant que le Mali est un Etat souverain et «nul ne peut nous imposer quoi que se soit». Aussi, qu’il s’opposerait à toute forme de privatisation de l’Aéroport international de Bamako-Sénou.
Pour le secrétaire général, a l’analyse de sa correspondance N°0884-MET/SG du 18/07/13, ils veulent savoir quelle est la valeur de la parole d’honneur de l’officier supérieur Koumaré. Il estime qu’une telle décision doit être prise par un gouvernement légitimement élu par le peuple malien. Aujourd’hui, dit-il, l’actuel Gouvernement de transition est en fin de mission. De ce fait, il est inopportun de la part d’un gouvernement de transition de s’aventurer dans une mission qui ne lui est pas dévolue, car tout dossier qui peut attendre une année, peut attendre deux mois, surtout qu’aucune urgence n’est signalée concernant ce dossier. C’est pourquoi, le personnel invite le ministre Koumaré a privilégier les intérêts supérieurs de la Nation en renonçant à sa politique de privatisation de l’Aéroport Bamako-Sénou.
Selon Amadou Dansogo, la manière dont le ministre est en train de précipiter ce dossier, démontre carrément qu’il agit pour des intérêts inavoués. «Vu qu’il n’a jamais voulu nommé un PDG à l’Aéroports du Mali en envoyant que des intérimaires, ne sommes-nous pas en droit de croire que tout a été planifié par le ministre pour donner en concession l’Aéroport de Bamako-Sénou.
Pour le personnel, l’Aéroport Bamako-Sénou ne souffre d’aucun problème de gestion, avec un chiffre d’affaire respectable d’année en année. L’aéroport du Bamako Sénou est règle en matière de paiement des impôts et à cette performance, s’ajoute l’expertise malienne.
Le personnel invite donc les décideurs politiques à agir, car cette entreprise est la seule entreprise malienne viable pour le pays.

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